Les journalistes ont-ils été trop vite dans l’affaire Natixis ?
En 2008, 90 millions d’euros de bonus ont été distribué chez Natixis. Cette information a fait beaucoup de bruit cette semaine. Mais la presse a-t-elle vraiment joué son rôle.
On comprend la réaction des petits actionnaires, qui ont vu l’action Natixis passer de 19,55 euros à 1 euro, mais aussi celle des syndicats, alors que l’entreprise annonce des suppressions de postes.
Pour autant, les journalistes ont-ils sauté trop vite sur une info “en or” dans le contexte actuel ?

On oublie un peu vite le mode de rémunération dans le secteur. Voilà par exemple comment se décompose le salaire d’un trader :
- une part fixe
- une part variable
Donc, lorsque la presse évoque 90 millions d’euros de bonus, il y a une grande partie de cette somme qui est consacrée aux parts variables de salaire. Or, si certains traders ont effectivement accomplis leurs objectifs, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne reçoivent pas cette part variable. Chez Natixis comme partout il y a des bons et des mauvais. Et heureusement que certains traders ont bien travaillé, les dégâts ont ainsi pu être limité, même si ils restent colossaux.
Aussi, sans ces “bonus”, il va être difficile pour Natixis de garder ses bons traders. Et vu la situation de la banque française, il vaut mieux conserver les meilleurs…
Notre travail de journaliste n’est donc pas seulement de faire buzzer cette info, mais surtout d’enquêter : il faut savoir si oui ou non ces bonus ont été distribué à ceux qui le méritent…